Publié le 27 mars 2024

L’application unique pour tous vos trajets à Dijon est un mythe. La vraie solution réside dans la maîtrise d’un ‘stack’ d’outils complémentaires et la connaissance de leurs failles.

  • Toutes les applications (Google Maps, Citymapper, etc.) utilisent la même source de données en temps réel fournie par DiviaMobilités.
  • Les frictions utilisateur (facturation abusive, QR codes défaillants, géolocalisation énergivore) sont le vrai problème, pas le choix de l’app.

Recommandation : Adoptez un workflow agile : utilisez une app comme Citymapper pour la planification multimodale, l’application de l’opérateur (Lime, Dott) pour le trajet lui-même, et développez des réflexes de vérification systématiques pour vous protéger.

Jongler entre l’application DiviaMobilités pour le bus, Lime ou Dott pour la trottinette, puis basculer sur Google Maps pour vérifier l’état du trafic… Cette fragmentation est le quotidien de nombreux citadins connectés à Dijon. La promesse d’une application unique, un « hub » centralisant tous les modes de transport, reste un objectif séduisant mais souvent inaccessible. Chaque utilisateur espère trouver l’outil magique qui simplifiera ses déplacements, mais se heurte rapidement aux limites de chaque service : une interface peu claire, des données de disponibilité erronées ou des problèmes de facturation inattendus.

La quête de l’application parfaite mène souvent à des comparatifs superficiels qui se contentent de lister les fonctionnalités sans analyser les points de friction réels. On oppose Citymapper à Google Maps, on vante les mérites de l’application officielle, mais on oublie l’essentiel : l’expérience utilisateur (UX) sur le terrain. Le véritable enjeu n’est pas tant de trouver une application qui fait tout, mais de comprendre comment les différentes briques du système interagissent, où se situent leurs failles et comment les contourner.

Et si la clé n’était pas de chercher l’application parfaite, mais de devenir un utilisateur expert ? La véritable optimisation ne vient pas d’un outil unique, mais de la construction d’un workflow de mobilité personnel. Il s’agit d’adopter la mentalité d’un développeur qui choisit les meilleurs outils pour chaque tâche spécifique et met en place des systèmes de vérification (« checks ») pour s’assurer que tout fonctionne comme prévu. Cet article n’est pas un énième comparatif. C’est un guide pratique pour déconstruire l’écosystème de la mobilité dijonnaise, comprendre ses rouages techniques cachés et vous donner les clés pour construire votre propre « stack » d’applications optimisé.

Nous allons explorer les problèmes concrets que vous rencontrez au quotidien et vous fournir des solutions pratiques et des workflows éprouvés. De la gestion de la batterie à la contestation d’une facture, en passant par l’interprétation des données en temps réel, ce guide vous transformera en un véritable expert de la mobilité urbaine à Dijon.

Sommaire : Unifier sa mobilité à Dijon, le guide de l’utilisateur averti

Pourquoi faut-il refuser la géolocalisation permanente demandée par les apps de location ?

La demande de permission de géolocalisation « Toujours autoriser » est un classique de l’UX des applications de mobilité. Présentée comme une commodité, elle est en réalité un drain de ressources majeur pour votre smartphone et une porte ouverte à une collecte de données dont vous n’avez pas besoin. D’un point de vue technique, maintenir le GPS actif en permanence est l’une des tâches les plus énergivores. En effet, la géolocalisation fine double voire triple la consommation de batterie, réduisant considérablement l’autonomie de votre appareil au fil de la journée. Un comble pour un outil censé vous rendre plus mobile.

Au-delà de la batterie, cette permission constante n’a aucune justification fonctionnelle pour l’utilisateur. Vous n’avez besoin de la localisation que pendant la recherche et l’utilisation active d’un véhicule. Une fois le trajet terminé, l’application n’a plus de raison légitime de suivre vos déplacements. Accepter la géolocalisation permanente revient à donner à l’opérateur un accès constant à vos habitudes de vie, vos lieux fréquentés et vos itinéraires, des données précieuses pour leur marketing mais inutiles pour votre expérience. La bonne pratique consiste à adopter une approche de permissions granulaires, en ne donnant que le strict nécessaire, au moment où c’est nécessaire. C’est le principe du moindre privilège appliqué à votre vie privée et à l’autonomie de votre téléphone.

Votre plan d’action : configurer les permissions de géolocalisation

  1. Accédez aux Paramètres > Applications > Permissions sur Android ou Réglages > Confidentialité > Service de localisation sur iOS pour lister les applications ayant accès.
  2. Pour chaque application de mobilité (Lime, Dott, etc.), sélectionnez l’option de localisation « Uniquement lorsque l’app est active » ou « Demander la prochaine fois » au lieu de « Toujours ».
  3. Désactivez l’option « Localisation précise » si elle est disponible. Le GPS standard est largement suffisant pour localiser un véhicule à proximité et consomme moins d’énergie.
  4. Pensez à activer le mode « Économie de batterie » dans les paramètres de localisation généraux de votre téléphone. Il priorise le Wi-Fi et les réseaux mobiles pour la triangulation, moins précis mais beaucoup plus économe que le GPS haute précision.
  5. Prenez l’habitude de vérifier périodiquement l’historique des accès à la localisation pour identifier toute application qui utiliserait votre position de manière abusive en arrière-plan.

En reprenant le contrôle de ces permissions, vous optimisez directement l’autonomie de votre appareil sans dégrader la fonctionnalité essentielle de l’application. C’est un premier pas simple pour passer d’un utilisateur passif à un gestionnaire averti de son stack technologique mobile.

Comment contester une course qui continue de facturer alors que la trottinette est verrouillée ?

C’est l’une des frictions utilisateur les plus frustrantes : vous terminez votre trajet, vous verrouillez la trottinette, l’application confirme la fin de la course, mais le compteur continue de tourner. Cette défaillance système, souvent due à une mauvaise synchronisation entre le véhicule et les serveurs de l’opérateur, peut rapidement transformer un trajet de quelques euros en une facture salée. Face à cette situation, la réactivité et la méthodologie sont vos meilleurs atouts. Tenter de résoudre le problème en secouant la trottinette ou en redémarrant l’application est souvent inutile. Le seul réflexe valable est de documenter la situation pour construire un dossier de contestation solide.

Le support client de ces services traite des centaines de réclamations par jour. Pour que la vôtre soit traitée rapidement et en votre faveur, elle doit être irréfutable. La clé est la preuve photographique horodatée. Une simple photo du véhicule correctement stationné et verrouillé, avec un élément permettant de situer la scène (une plaque de rue, la façade d’un bâtiment connu), constitue une preuve matérielle difficile à contester. Couplée à une capture d’écran de l’application montrant la confirmation (même erronée) de fin de course, votre dossier devient blindé. Il faut adopter un process de documentation systématique, même lorsque tout semble bien se passer. C’est votre assurance contre les bugs du système.

Main tenant un smartphone montrant une trottinette électrique verrouillée en arrière-plan flou

L’envoi de la réclamation doit suivre un protocole précis pour garantir sa traçabilité. Utiliser uniquement le formulaire de contact dans l’application peut être risqué, car vous n’avez pas toujours de copie de votre message. La bonne pratique est de doubler votre réclamation par un email au service client. Cela crée une trace écrite et datée en dehors de leur écosystème. Dans votre communication, soyez factuel et utilisez les termes adéquats : « facturation abusive post-verrouillage », « défaillance de synchronisation », « preuves photographiques jointes ». Un langage précis montre que vous comprenez le problème et que votre réclamation est sérieuse.

Votre checklist : le kit de contestation préventif et curatif

  1. Prévention (à chaque fin de course) : Prenez une photo claire du véhicule verrouillé, en vous assurant que l’horodatage est activé sur votre appareil photo ou qu’un élément de contexte temporel est visible.
  2. Prévention : Faites une capture d’écran systématique de l’écran de confirmation de fin de course dans l’application.
  3. Prévention : Notez mentalement ou dans un bloc-notes le numéro d’identification du véhicule et l’adresse ou le lieu précis où vous l’avez laissé.
  4. Contestation (si le problème survient) : Rédigez un message clair et concis en utilisant des mots-clés comme « défaillance système », « preuve photographique jointe » et « facturation abusive post-verrouillage ».
  5. Contestation : Envoyez votre réclamation dans les 24 heures via le formulaire de l’application ET par email au support client pour assurer une double traçabilité de votre démarche.

Google Maps ou Citymapper : lequel est le plus fiable pour le temps réel à Dijon ?

C’est le débat classique des citadins : quelle application offre les horaires en temps réel les plus précis pour les transports en commun ? La réponse, d’un point de vue technique, est contre-intuitive : à Dijon, la fiabilité des données brutes est identique pour toutes les applications tierces. Pourquoi ? Parce que 100% des apps utilisent le même flux GTFS-RT de DiviaMobilités. Le format GTFS-RT (General Transit Feed Specification – Realtime) est un standard open data qui permet aux opérateurs de transport de diffuser la position en temps réel de leurs véhicules. Google Maps, Citymapper, Transit et d’autres ne font que « consommer » cette même API fournie par DiviaMobilités.

La différence perçue par l’utilisateur ne vient donc pas de la source des données, mais de deux autres facteurs : la fréquence de rafraîchissement de l’application et, surtout, la qualité de l’interface utilisateur (UX) et des algorithmes de calcul d’itinéraire. Une application comme Citymapper peut interroger le flux GTFS-RT toutes les 30 secondes, tandis qu’une autre pourrait le faire toutes les 2 minutes, créant un léger décalage. Cependant, la véritable valeur ajoutée se situe dans la manière dont l’application intègre ces données dans un calcul d’itinéraire multimodal. Citymapper excelle dans la combinaison de différents modes de transport (par exemple, trottinette jusqu’à l’arrêt de tram, puis tram), tandis que Google Maps est imbattable pour intégrer le trafic routier dans ses calculs. L’application officielle de DiviaMobilités, quant à elle, a l’avantage de fournir des informations de service (perturbations, déviations) qui ne sont pas toujours présentes dans le flux standard.

Le choix ne se porte donc pas sur la « fiabilité » du temps réel, qui est une base commune, mais sur le « use case » (cas d’usage) qui vous correspond le mieux. Votre stack d’applications idéal pourrait donc être : Citymapper pour la planification multimodale complexe, Google Maps pour un trajet en voiture ou à vélo intégrant le trafic, et l’app DiviaMobilités comme source de vérité pour les alertes de service. Le tableau suivant synthétise les forces de chaque acteur à Dijon.

Comparaison des applications de mobilité pour Dijon
Application Source données Fréquence mise à jour Fonctionnalités Dijon Hors ligne
DiviaMobilités Direct (source) Temps réel Complètes (bus, tram, vélo) Non
Google Maps GTFS-RT Divia 1-2 min Transport + navigation Partiel
Citymapper GTFS-RT Divia 30 sec – 1 min Multimodal complet Non

L’erreur de ne pas vérifier les pénalités de stationnement hors-zone dans les CGU

L’une des expériences les plus déplaisantes avec la micromobilité est de découvrir une pénalité de 25€ ajoutée à sa course pour s’être garé « hors-zone », parfois à quelques mètres seulement d’un emplacement autorisé. Ces pénalités, enfouies dans les Conditions Générales d’Utilisation (CGU) que personne ne lit, sont une source de revenus non négligeable pour les opérateurs et une friction utilisateur majeure. L’erreur fondamentale est de se fier uniquement à la carte dans l’application au moment de se garer. Les zones de stationnement autorisées (en vert ou bleu) et interdites (en rouge) peuvent être dynamiques et les limites parfois peu claires sur un petit écran de smartphone.

Chaque opérateur à Dijon (Lime, Tier, Dott) a sa propre politique de pénalités, ses propres zones interdites (qui peuvent varier !) et ses propres mécanismes d’avertissement. Certains envoient une notification push si vous tentez de terminer une course dans une zone interdite, d’autres n’affichent qu’un message discret dans l’app, facile à manquer dans la précipitation. Le centre piétonnier de Dijon, notamment autour de la Place de la Libération, est un véritable champ de mines pour les utilisateurs non avertis. Se garer du mauvais côté d’une rue peut faire toute la différence. La seule stratégie viable est d’auditer rapidement les CGU une seule fois pour connaître les montants des pénalités et les règles de base, puis d’adopter un comportement préventif : toujours viser le centre d’une zone de stationnement autorisée et ne jamais jouer avec les limites.

Le tableau ci-dessous, bien que schématique, résume les politiques de pénalités des principaux opérateurs présents à Dijon. Il met en lumière des différences importantes, notamment sur le délai de grâce ou la méthode d’avertissement. Connaître ces règles du jeu est indispensable pour éviter les mauvaises surprises. Considérez cela comme un investissement de 10 minutes qui pourrait vous faire économiser des dizaines d’euros.

Aperçu des pénalités de stationnement des opérateurs à Dijon
Opérateur Pénalité hors-zone Avertissement préalable Zone interdite centre Délai de grâce
Lime 25€ Notification push Place Libération 2 minutes
Tier 20€ Dans l’app uniquement Zones piétonnes Aucun
Dott 15€ Notification + carte Variable selon horaires 5 minutes

Quand l’appareil photo de votre smartphone refuse de déverrouiller le vélo : les solutions

Le scénario est familier : vous êtes prêt à partir, vous pointez votre smartphone vers le QR code du vélo ou de la trottinette, et… rien. L’application cherche, l’autofocus patine, mais le déverrouillage ne se fait pas. Ce point de défaillance, à l’interface entre le monde physique et numérique, est incroyablement frustrant. Plutôt que de s’acharner, il faut adopter une démarche de troubleshooting méthodique, digne d’un technicien. Les causes sont souvent simples et se classent en trois catégories : l’optique, l’environnement et le logiciel.

Premièrement, l’optique. La lentille de votre appareil photo, souvent couverte de traces de doigts, et la surface du QR code, exposée aux intempéries et à la saleté, sont les coupables les plus fréquents. Un simple nettoyage avec un tissu propre peut résoudre 80% des problèmes. Deuxièmement, l’environnement. Un QR code situé à l’ombre, en contre-jour ou sous une lumière directe créant des reflets peut être illisible pour l’appareil photo. Forcer l’activation du flash de votre téléphone peut apporter le contraste nécessaire pour que la lecture se fasse. Enfin, le logiciel. Parfois, après une mise à jour du téléphone ou de l’application, les permissions d’accès à l’appareil photo peuvent être révoquées. Une vérification rapide dans les réglages de l’application est nécessaire.

Gros plan d'une main essuyant un code QR sur un vélo en libre-service avec un tissu

Mais que faire si aucune de ces solutions ne fonctionne ? Il existe une solution de secours, un « hack » souvent méconnu : la saisie manuelle. La plupart des applications proposent, en petits caractères sous l’interface de scan, une option pour taper manuellement le numéro d’identification du véhicule, généralement inscrit sous le QR code. C’est votre filet de sécurité. Une autre alternative, si le véhicule est bien visible sur la carte de l’application, est de le sélectionner directement depuis la carte pour lancer un déverrouillage à distance, sans passer par l’appareil photo. Connaître ces options de « fallback » transforme une situation bloquante en un simple contretemps.

Votre checklist : le diagnostic en 3 étapes pour débloquer le scan

  1. Étape 1 – Nettoyer : Utilisez un tissu doux (t-shirt, chiffon à lunettes) pour essuyer la lentille de l’appareil photo de votre smartphone AINSI que la surface du QR code sur le véhicule. La saleté et les traces de doigts sont les premiers coupables.
  2. Étape 2 – Éclairer : Si le QR code est dans une zone d’ombre ou si le soleil crée des reflets, activez manuellement la fonction « lampe torche » (flash) de votre appareil photo depuis l’interface de scan de l’application.
  3. Étape 3 – Autoriser : Allez dans les Réglages > Applications > [Nom de l’app] > Autorisations de votre smartphone et vérifiez que l’accès à « l’Appareil photo » est bien accordé.
  4. Solution cachée : Si le scan échoue toujours, cherchez l’option « Saisie manuelle » ou « Entrer le code » dans l’application et tapez le numéro d’identification (souvent 5-6 chiffres/lettres) situé sous le QR code.
  5. Alternative : Repérez le véhicule sur la carte de l’application, appuyez sur son icône et choisissez l’option « Réserver » ou « Déverrouiller ». Cela initie souvent le déblocage à distance.

Où trouver les infos en temps réel sur les pistes cyclables coupées par les chantiers ?

Planifier son itinéraire à vélo à Dijon peut vite devenir un casse-tête à cause des nombreux chantiers qui redessinent la ville. Une piste cyclable parfaitement intégrée à votre trajet habituel peut être coupée du jour au lendemain, vous forçant à un détour dangereux et mal indiqué. Se fier uniquement à Google Maps ou Citymapper est une erreur, car leurs données sur les infrastructures cyclables ne sont pas toujours mises à jour avec la réactivité nécessaire pour refléter les perturbations temporaires. Pour devenir un cycliste averti, il faut agréger plusieurs sources d’information et construire son propre tableau de bord informationnel.

Le premier réflexe doit être de consulter les sources officielles. Le site Info-Chantiers de Dijon Métropole est la source de vérité pour les travaux planifiés. Il permet d’anticiper les grosses perturbations. Pour le temps réel, le compte Twitter/X de @DiviaMobilites est souvent le plus réactif pour signaler une coupure inopinée. Cependant, ces sources ne suffisent pas. L’intelligence collective des autres cyclistes est une ressource inestimable. C’est là que des outils comme la heatmap de Strava Metro entrent en jeu. Cette carte de chaleur, qui montre les itinéraires les plus empruntés par la communauté cycliste, révèle en temps réel les détours et les chemins alternatifs qui sont devenus la norme face à un obstacle. Si la heatmap montre un contournement massif d’une avenue habituellement fréquentée, c’est un signal fort qu’un problème s’y trouve.

Étude de cas : l’intelligence collective face aux travaux de l’avenue Victor Hugo

Les données anonymisées des cyclistes peuvent révéler des solutions que les planificateurs n’avaient pas prévues. Par exemple, lors des longs travaux sur l’avenue Victor Hugo, la heatmap de Strava montrait clairement un détour spontané et massif des usagers par la rue Devosge. Cet itinéraire alternatif, bien que non signalé officiellement comme déviation cyclable, s’est avéré dans la pratique plus sûr et plus rapide. Les cyclistes les plus informés, en consultant cette donnée, ont pu adopter cet itinéraire optimisé bien avant que les signalisations ne soient (péniblement) mises à jour, démontrant la puissance du crowdsourcing de données de mobilité.

Le workflow optimal consiste donc à combiner ces sources : une vérification des sources officielles pour le planifié, un coup d’œil aux réseaux sociaux pour l’instantané, et une analyse des heatmaps pour comprendre les comportements réels des usagers. C’est en devenant son propre analyste de données de mobilité que l’on navigue le plus sereinement dans la jungle urbaine.

Trottinette + Tram : le duo gagnant pour traverser Dijon en moins de 30 min ?

Le concept de mobilité du « premier et dernier kilomètre » est au cœur des stratégies urbaines modernes. Il s’agit de combler efficacement la distance entre son point de départ/arrivée et l’axe de transport en commun le plus proche. À Dijon, le duo trottinette en libre-service + tramway (T1 ou T2) incarne parfaitement cette approche multimodale. Plutôt que de subir les contraintes d’un trajet en bus de rabattement, avec ses horaires fixes et ses arrêts multiples, la trottinette offre une flexibilité totale pour rejoindre rapidement une station de tram. Cette stratégie est-elle vraiment plus efficace en termes de temps et de coût ?

L’analyse de trajets-types à Dijon montre que la réponse dépend fortement du contexte. Pour un trajet comme Campus universitaire → Centre-ville, le gain de temps est notable. Le tram T1 seul prend environ 25 minutes. En utilisant une trottinette pour rejoindre rapidement la station Université depuis un point excentré du campus, puis en prenant le tram, le trajet total peut être réduit à moins de 20 minutes. Le coût est certes plus élevé (course de trottinette + ticket de tram), mais le gain de flexibilité et de temps peut être un avantage décisif. Pour un trajet comme Gare → Toison d’Or, où le bus L6 est une alternative, le duo trottinette + T2 devient encore plus pertinent, évitant les aléas du trafic routier et offrant un temps de parcours plus prévisible.

Cette approche est parfaitement alignée avec les objectifs des politiques publiques, comme le souligne la Direction de la Mobilité dans le Plan Vélo et Mobilités Actives 2023-2027 :

Le concept du ‘premier et dernier kilomètre’ est une réponse concrète au défi de l’urbanisme moderne : connecter efficacement les zones périphériques aux axes de transport structurants

– Direction de la Mobilité, Plan Vélo et Mobilités Actives 2023-2027

La décision d’adopter ce mode hybride est donc un arbitrage personnel entre coût, temps et effort. Le tableau suivant compare quelques scénarios pour vous aider à faire votre propre calcul.

Analyse temps/coût pour des trajets-types à Dijon
Trajet Mode Durée Coût Avantages
Campus → Centre Trottinette + T1 18 min 3,50€ Flexibilité horaire
Campus → Centre T1 uniquement 25 min 1,40€ Économique
Gare → Toison d’Or Trottinette + T2 22 min 4,20€ Direct sans attente
Gare → Toison d’Or Bus L6 35 min 1,40€ Pas d’effort

À retenir

  • L’application de mobilité parfaite est un leurre ; la solution est de construire un « stack » d’outils (Citymapper, app opérateur, etc.) et de connaître leurs forces respectives.
  • La source des données en temps réel est la même pour tous à Dijon (flux GTFS-RT de DiviaMobilités) ; la différence se fait sur l’interface et les fonctionnalités de l’app.
  • Adoptez une mentalité de « hacker urbain » : documentez systématiquement vos fins de course, nettoyez les QR codes et connaissez les solutions de secours comme la saisie manuelle.

Comment savoir si la station de votre destination est pleine avant de partir ?

Arriver à destination et trouver la station Vélodi (ou la zone de parking pour trottinettes) complètement saturée est un problème logistique majeur. Cela vous oblige à chercher un autre point de dépose, vous fait perdre du temps et ajoute du stress à votre trajet. Anticiper la disponibilité à l’arrivée est donc une compétence clé de l’utilisateur averti. Se contenter de regarder la disponibilité en temps réel juste avant de partir est une stratégie insuffisante, car la situation peut changer radicalement le temps de votre trajet, surtout aux heures de pointe.

La solution réside dans l’analyse prédictive amateur et la mise en place d’une stratégie de « fallback » (plan de secours). La plupart des applications permettent de consulter la disponibilité des stations, mais les plus avancées offrent aussi des données historiques. En observant les tendances de remplissage de votre station de destination aux heures qui vous concernent sur plusieurs jours, vous pouvez déceler des patterns récurrents. Cette connaissance des flux pendulaires est votre meilleur outil. Par exemple, l’analyse des données d’utilisation à Dijon montre que les stations proches des zones de bureaux se vident le matin et se remplissent à ras bord entre 17h et 19h. Connaître ce pattern vous permet d’anticiper le risque de saturation.

Votre stratégie doit donc inclure un plan B systématique. Avant chaque trajet vers une zone tendue, identifiez sur la carte non pas une, mais trois stations de dépose potentielles dans un rayon de 300 mètres. Votre station principale, et deux stations de secours. De plus, privilégiez les stations de plus grande capacité (plus de 20 bornes), qui ont une probabilité mathématiquement plus faible d’être complètement saturées. Certaines applications permettent également de configurer des notifications push pour vos stations favorites, vous alertant lorsqu’elles se remplissent ou se vident. C’est une fonctionnalité puissante pour automatiser votre veille. En combinant l’analyse des patterns, une stratégie de secours et l’automatisation, vous transformez l’incertitude en une gestion de risque maîtrisée.

Votre checklist : la stratégie du plan B pour les stations Vélodi

  1. Identifiez vos plans B : Avant de partir, repérez sur la carte votre station de destination principale ainsi que 2 ou 3 stations alternatives dans un rayon de 3-5 minutes de marche.
  2. Analysez les patterns : Utilisez les fonctions « historique » ou « prévisions » de l’app (si disponibles) pour observer à quelles heures votre station cible a tendance à être pleine. Les flux sont souvent très réguliers d’un jour à l’autre.
  3. Mémorisez les flux pendulaires : Comprenez la logique de votre quartier. Les stations près des gares et bureaux se remplissent le soir (17h-19h) et se vident le matin (7h-9h). L’inverse est vrai pour les stations résidentielles.
  4. Automatisez la surveillance : Si l’application le permet, activez les notifications push pour vos stations favorites. Programmez une alerte 10 minutes avant votre départ habituel pour connaître l’état de la station.
  5. Privilégiez la capacité : En cas de doute, et si vous avez le choix, dirigez-vous vers une station de plus grande capacité (plus de 20 emplacements). Elle aura statistiquement plus de chances d’avoir une place libre.

En adoptant ces réflexes d’analyse et de vérification, vous ne cherchez plus l’application parfaite, mais vous construisez votre propre système de mobilité intelligent et résilient. L’étape suivante consiste à appliquer cette mentalité de « hacker urbain » à chacun de vos trajets pour une expérience de déplacement à Dijon fluide et sans stress.

Rédigé par Karim Karim Benali, Ingénieur en écomobilité et consultant en nouvelles technologies de transport urbain. Expert certifié sur les systèmes de batteries Lithium-Ion et les flottes de véhicules en libre-service (trottinettes, VAE).